États généraux de l'emploi à domicile

États généraux de l'emploi à domicile -

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L’emploi à domicile, entendu ici dans une acception large (au-delà de l’emploi direct), a fait l’objet de plusieurs publications qui donnent à voir quelques grands enjeux de recherche et d’analyse : la description de sa réalité chiffrée, de son histoire, de sa singularité dans le droit, les enjeux de la relation d’emploi à domicile, les conditions de travail et d’emploi des salariés. La bibliographie proposée ci-dessous permet d’identifier des publications phares récentes qui permettront de poursuivre l’exploration « sur table » du secteur.

 

 

Avril Christelle : Juin 2014, Les aides à domicile. Un autre monde populaire, La Dispute, 288 pages.

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Résumé de l’éditeur :

Plus de cinq cent mille femmes travaillent comme aides à domicile en France ; ce chiffre ne cesse d’augmenter face aux besoins croissants des personnes âgées et des familles. Mais qui sont ces femmes – parce que ce sont essentiellement des femmes – et quelles sont leurs conditions d’existence ? Sait-on vraiment en quoi consiste leur travail quotidien ? Que signifie pour elles travailler auprès de personnes âgées ?
Christelle Avril, sociologue, maîtresse de conférences à l’université Paris-XIII et chercheuse au laboratoire IRIS, travaille sur l’articulation entre classe, genre et « race » dans une perspective résolument empirique et en multipliant les méthodes d’enquête et d’analyse. Elle éclaire l’univers des femmes des milieux populaires en partant, de façon inédite, de la scène professionnelle.
L’auteure révèle ainsi parmi ces travailleuses du bas de l’échelle sociale de profondes divisions qui différencient les attitudes de classe, opposent immigrées et non immigrées, ou encore distinguent les conceptions de l’identité féminine.
Fondé sur une enquête de terrain extrêmement riche et sur des données chiffrées, cet ouvrage, dont Olivier Schwartz souligne dans sa postface l’importance et l’audace, éclaire les rapports et les tensions qui mettent en mouvement l’ensemble de la société.

 

Weber Florence / Trabut Loïc : 2014, Le salaire de la confiance. L’aide à domicile aujourd’hui, Editions Rue d’Ulm, 368 pages.

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Pourquoi les salaires des aides à domicile sont-ils si bas ? Une équipe de jeunes sociologues a mené l’enquête auprès des femmes qui font ce métier, mais aussi auprès des acteurs économiques dont elles dépendent – employeurs contractuels (associations ou entreprises), clients (les personnes âgées dépendantes et leur famille), financeurs (les conseils généraux). C’est un secteur qui manque de main d’oeuvre, c’est un travail qui exige du savoir-faire et du doigté. Pourtant les salaires restent proches du salaire minimum horaire, les temps de travail sont morcelés et chacun croit que les aides à domicile font du ménage, alors qu’elles assument en solitaires un rôle de surveillance sanitaire. Pourquoi la prise en charge de la dépendance ne relève-t-elle pas de l’assurance maladie ? Ce livre permet de comprendre comment la société française contemporaine traite les personnes âgées et ceux dont elles dépendent pour leur survie.

 

Benoteau Isabelle / Goin Aurélie : Août 2014, Les services à la personne. Qui y recourt? Et à quel coût?, Dares Analyses, n°2014-063, DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), 14 pages.

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Synthèse de l’Observatoire :

Pour cette étude la Dares a mobilisé deux enquêtes menées par l’Insee : l’enquête Budget de famille et l’enquête Revenus fiscaux et sociaux.

A retenir :
1. Le profil des ménages utilisateurs de services à domicile (particuliers employeurs et clients des prestataires)
Age du ménage : Le taux de recours aux services à la personne augmente avec l’âge : les ménages de 30 ans et moins n’y recourent quasiment pas, tandis que le taux de recours atteint 20% pour la tranche d’âge 70 à 79 ans et plus de 50% pour les ménages de 80 ans et plus.
Type de ménage : Compte tenu de la structure par âge, les personnes seules utilisent le plus les services à la personne (43% des ménages utilisateurs) avec un taux de recours de 16,8% en 2011. 13,6% des couples sans enfants recourent aux services à domicile contre seulement 9,8% pour les couples avec enfants et 7,5% pour les familles monoparentales.
Catégorie socioprofessionnelle : Les retraités et les cadres recourent le plus à ces services (respectivement 20,5% et 18,8%), tandis que les employés et ouvriers n’y recourent quasiment pas (respectivement 2,1% et 2%).
Déciles de niveau de vie : Le taux de recours croit avec le niveau de vie. Ainsi, un tiers des 10% des ménages les plus aisés (10ème décile) ont recours aux SAP, contre près de 7% pour les 10% des plus modestes (1er décile).

2. L’avantage fiscal:
En 2011, 43% des ménages déclarant les dépenses de services à la personne sont éligibles au crédit d’impôt (dispositif pour les ménages actifs)
14% de ces ménages éligibles au crédit d’impôt ont bénéficié d’un remboursement au-delà du montant de leur impôt (impôt négatif).
17% des ménages utilisateurs ne bénéficient d’aucun avantage fiscal, ce qui est lié au fait que la grande majorité n’est pas éligible au crédit d’impôt lié au fait que ce dispositif concerne seulement les ménages actifs. C’est la raison pour laquelle ce taux est encore plus élevé chez les personnes de 70 ans et plus et les personnes invalides qui ne sont pas actifs et pas imposables (taux de recours =33%). Egalement, parmi les 20% des ménages les plus modestes, 84% des ménages utilisateurs n’a aucun avantage fiscal (ménages pas imposables et/ou inactifs).

3. Selon la Dares, l’introduction du crédit d’impôt en 2007 (pour les ménages actifs) a permis de déplacer les aides fiscales vers les ménages plus modestes.
En 2011, environ 50% des ménages bénéficiant d’un remboursement d’un impôt négatif appartiennent aux cinq premiers déciles de niveau de vie, 60% de ces ménages concernent les couples avec enfants et 19% des familles monoparentales.
83% des tous les ménages utilisateurs de SAP ont bénéficié d’un avantage fiscal. Avec la législation antérieure à 2007, seuls 78% auraient bénéficié d’un avantage fiscal.

Tous les types de ménages ont profité de cette reforme fiscale, mais notamment les familles monoparentales : en 2011, 91% de ces ménages ont eu un avantage fiscal, mais seuls 70% auraient bénéficié avec l’ancien dispositif. Le remboursement de leurs dépenses s’élève en moyenne à 39%, soit une hausse de 27% par rapport à l’ancien dispositif.

4. Comme la Cour des comptes et l’IGF, l’étude de la Dares démontre que les inégalités en termes de bénéfice de la dépense fiscale pour le recours aux SAP reste élevé après l’introduction du crédit d’impôt : en 2011, 10% des ménages les plus aisés perçoivent près de 60% du montant total des avantages fiscaux ce qui est lié au fait que leur taux de recours et leur niveau de dépenses est beaucoup plus élevé que la moyenne ; ces mêmes ménages bénéficiaient de 68% de la dépense fiscale en 2005.

5. Les personnes âgées ou invalides sont celles dont les dépenses sont le moins remboursé par l’avantage fiscal : en moyenne 27% de leurs dépenses sont remboursé par l’avantage fiscal contre 48% pour les autres ménages. Ceci est lié au fait qu’ils ne sont pas éligibles au crédit d’impôt qui est réservé au ménages actifs. Mais ces publics bénéficient d’autres aides : exonérations de cotisations sociales et des aides directes comme l’APA, PCH….. Mais comme la Dares souligne, aujourd’hui, il n’existe pas de bases de données avec des informations au niveau individuel sur l’ensemble des aides et exonérations de cotisations dont bénéficient les ménages.

6. Si l’on prend en compte tous les aides et avantages fiscaux, les ménages utilisateurs ayant déclaré leurs dépenses à l’administration fiscales ont un reste à charge moyen équivalent à 4% de leur revenu disponible.

7. La Dares estime que le travail « au noir » (difficilement à estimer selon la même source) est resté relativement stable entre 2005 et 2011 : 28% des ménages utilisateurs ont eu recours au travail en noir en 2005 et 25% en 2011.

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Brien Jean-Marc / Fouilleul Cathy / Paderi Jocelyne : 2013, Auxiliaire de vie et handicap. Une relation particulière, Coëtquen Editions, 126 pages.

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Jean-Marc Brien, atteint d’une affection neurologique dégénérative, et Cathy Fouilleul, auxiliaire de vie, mêlent leurs témoignages en racontant leur quotidien.
Comment accéder à l’autonomie quand, comme Jean-Marc Brien, tétraplégique, le handicap nécessite la présence d’un tiers 24h/24h?
Jean-Marc Brien, décédé peu de temps avant la parution de ce témoignage, nous raconte avec force un engagement sans fin pour le droit de vivre et de mourir dignement.
Bien sûr, il y a eu le film Intouchables, mais comment fait-on pour vivre quand on est un « tétra ordinaire »?
Du collège où la Principale affirme qu’elle n’a pas de place pour des gens comme « ça » à l’Université, Jean-Marc Brien et ses parents ont surmonté toutes les épreuves… vers l’indépendance. Car avant d’être handicapé, Jean-Marc Brien est un homme indépendant, « libre » et engagé. Il monte son association « Handi’cap 2000″ et fatigué d’être considéré comme « un objet de soin », fatigué d’être manipulé par des mains plus ou moins expertes, décide de devenir employeur et engage Cathy Fouilleul, auxiliaire de vie.
Le plus grand problème est bien le recrutement de ce métier, trop souvent dévalorisé, « auxiliaire de vie ». A travers les témoignages de ces femmes qui accompagnent Jean-Marc Brien au quotidien, nous prenons conscience de la difficulté de ce métier et de cette relation en effet bien « particulière ». L’aventure humaine et l’engagement de ces hommes et femmes est une leçon de vie pour tous.

 

Marquier Rémy / Mansuy Michèle : Octobre 2013, Les aides à domicile : un engagement dans la formation tributaire du mode d’exercice, Formation Emploi, n°123, Cereq (Centre d’études et de recherche sur les qualifications), pages 45-65.

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Résumé des auteurs :

Les aides à domicile aux personnes fragilisées s’engagent de façon inégale dans la formation continue. Le diplôme initial et l’âge expliquent en partie ces différences, mais à diplôme égal, l’appétence pour la formation continue n’est pas la même pour tous (toutes). Le mode d’exercice de la profession joue un rôle clé, le mode prestataire facilitant l’accès à la formation continue, surtout pour les moins diplômés. L’expérience professionnelle a également un impact important. Enfin, la VAE (validation des acquis de l’expérience) est mieux connue des aides à domicile que des autres employé(e)s non qualifié(e)s et presque le tiers d’entre elles envisagent de s’y engager.

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Paperman Patricia / Laugier Sandra : 2011, Le soucis des autres. Ethique et politique du Care, Editions de l’école des hautes études en sciences sociales, 393 pages.

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Résumé de l’éditeur :

La publication en 2006 de ce recueil a introduit en France le concept du care. L’enjeu de cette nouvelle édition est de faire le point sur l’accueil qui a été fait au care, sur son devenir dans la pensée philosophique, sociale, et dans le monde politique.
Le care, c’est-à-dire le souci des autres, est une interrogation ordinaire et centrale de la vie ; il recouvre à la fois les champs de la souffrance et de l’assistance et a une portée politique. L’éthique du care s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation des émotions et des sentiments dans la théorie morale et sociale ; elle légitime ce qui relève du domaine privé comme politique. L’édition 2006 du livre Le souci des autres a été accueillie avec un grand intérêt par des publics divers, tant au sein du monde académique (en philosophie, en sciences sociales et humaines) que du monde professionnel (santé, travail social, assurances, handicap). Mais l’éthique du care a également suscité des réactions d’incompréhension voire d’hostilité notamment dans le monde médiatique et politique, qui depuis opèrent un retour. Les auteurs font le point sur l’accueil passé et présent. Outre une nouvelle préface, le livre publie un texte de Carol Gilligan, dont le livre fondateur In a Different Voice avait servi de base de réflexion à la plupart des contributions. Cette nouvelle édition, attendue, est aussi l’occasion pour les auteurs de défendre une politique du care qui impliquerait une transformation des priorités politiques.
Aperçu du sommaire
– Préface & Présentation
– Carol Gilligan – Portée politique de l’éthique du care
– Care et genre
– Joan C. Tronto – Au-delà d’une différence de genre. Vers une théorie du care
– Marilyn Friedman – Au-delà du care : dé-moraliser le genre
– Annette C. Baier — Ce que les femmes attendent d’une théorie morale
– Elsa Dorlin — Dark Care : de la servitude à la sollicitude
– Care et justice
– Susan Moller Okin — Raison et sentiment dans la réflexion sur la justice
– Claude Gautier— Care et justice au sein de la famille. À propos de la critique libérale de S. Moller Okin
– Stéphane Haber — Éthique du care et problématique féministe dans la discussion américaine actuelle. De C. Gilligan à J. Tronto
– Luca Pattaroni — Le care est-il institutionnalisable ? Quand la « politique du care » émousse son éthique
– Métaphysique et « carologie »
– Marlène Jouan — Harrry Frankfurt et la métaphysique du care. Vers une éthique « au-delà du bien et du mal »
– Frédérique Plot — Éthique de la vertu et éthique du care. Quelles connexions ?
– Layla Raïd — Baier et la critique du libéralisme moral
– Bruno Ambroise — Réalisme moral, contextualisme et éthique du care
– Care, sensibilité, vulnérabilité
– Patricia Paperman — Les gens vulnérables n’ont rien d’exceptionnel
– Pascale Molinier — Le care à l’épreuve du travail. Vulnérabilités croisées et savoir-faire discrets
– Sandra Laugier — Care et perception. L’éthique comme attention au particulier

Weber Florence : 2011, Handicap et dépendance. Drames humains, enjeux politiques, 75 pages.

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Résumé de l’éditeur :

Drames privés ou question publique ? De quoi et de qui parle-t-on quand on parle de dépendance ? Le terme, d’origine médicale, désigne l’incapacité à accomplir sans aide les actes essentiels de la vie quotidienne, qui touche les handicapés, les malades chroniques, les vieillards infirmes ou déments. La réforme de la dépendance, promesse électorale depuis trois campagnes présidentielles, devrait donner une base cohérente aux politiques visant à compenser ces difficultés, pour assurer la survie et promouvoir l’autonomie des personnes concernées.
Au-delà des débats sur le financement de cette nouvelle protection sociale, ce petit livre éclaire les enjeux humains d’une réforme attendue en tentant de faire entendre les points de vue des personnes handicapées elles-mêmes, de leurs familles et des professionnels de l’aide. Il plaide pour la suppression de la barrière des 60 ans entre handicap et dépendance, ainsi que pour la construction d’un nouveau secteur professionnel de l’aide, à domicile et en institution.

 

Weber Florence / Trabut Loïc : Mai 2011, L’emploi direct déclaré ou non, un révélateur des besoins d’aide ? Point de vue des salariés et point de vue des familles, Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), 229 pages.

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Résumé des auteurs :

Quel rôle joue l’emploi direct dans les trajectoires professionnelles et dans les emplois du temps des salariés de l’aide à domicile ? Quel rôle jouent les salariés en emploi direct dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes à domicile ? Répondre à ces deux questions permettrait de dépasser les clivages idéologiques et les conflits politiques entre les partisans de l’emploi direct et les défenseurs des structures intermédiaires, associatives ou privées, qui proposent des services prestataires ou mandataires, et, au-delà, d’évaluer l’efficacité des subventions publiques lorsqu’elles passent par des crédits d’impôt et des exonérations de charges ou par le système mis en place par l’Allocation personnalisée à l’autonomie et le principe du « libre choix » sur la base des plans d’aide.
Ce rapport est entièrement fondé sur l’exploitation de deux documentations originales :
1. les dossiers administratifs d’une structure associative employant plus d’une centaine de salariés au cours de l’année 2008.
2. les fichiers de suivi des 1450 personnes âgées ayant recours à un CLIC municipal depuis sa création en 2007.
Ces deux documentations ont été recueillies au cours de deux enquêtes de terrain menées dans des territoires dont la structure démographique et les politiques territoriales représentent deux extrêmes : une agglomération de communes dans un département urbain, pauvre et relativement âgé, avec une forte proportion d’APA à domicile ; une commune urbaine riche dans un département riche et relativement jeune.
Leur exploitation représente une étape qui permet de poser cinq hypothèses avant de les tester sur d’autres données :
1. on assiste à un changement dans la population des salariés de l’aide à domicile : rajeunissement et reconversion professionnelle de diplômés d’autres secteurs ;
2. le travail d’organisation du maintien à domicile repose, selon les cas, sur les salariés eux mêmes (emploi direct), sur les associations ou sur les CLIC ;
3. les politiques territoriales extra-légales aggravent les inégalités territoriales devant la dépendance ;
4. le maintien à domicile passe par une série de crises de prise en charge lors desquelles l’hospitalisation, la médicalisation et le passage par les EHPAD sont diversement sollicités ;
5. la prévention de ces crises suppose d’étudier les modes de prise en charge les plus stables, parmi lesquelles l’emploi direct joue un rôle.

 

Stiker Henri-Jacques / Puig José / Huet Olivier : 2009, Handicap et accompagnement. Nouvelles attentes, nouvelles pratiques, Dunod, 180 pages.

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Résumé de l’éditeur :

« Qu’est-ce qu’accompagner une personne en situation de handicap ? » Question hantée et comme saturée par cette autre question : « Qu’est-ce que bien accompagner une personne en situation de handicap ? » Question plus éthique que technique.
Le bon accompagnement ne peut être que celui jugé tel par les intéressés, seuls légitimes pour finalement décider de ce qui peut ou non être appelé accompagnement. Le bon accompagnement, n’est-il pas, au fond et simplement, l’accompagnement tout court ? Car s’il n’est pas par nature bon il disparaît pour laisser place à un autre type de relation reléguant la personne en situation de handicap dans un statut d’objet pris en charge.
Articulé selon trois axes, l’ouvrage :
– explore le champ de l’accompagnement, repère les logiques qui sous-tendent les discours sur l’accompagnement et explique la fortune récente de cette terminologie ;
– propose, après avoir approfondi quelques notions clefs, des déclinaisons ordonnées de ce que signifie e être compagnon sans confondre cette relation avec une multitude d’autres ;
– pose la question de l’enseignement de l’accompagnement car l’accompagnement des personnes en situation de handicap est non seulement un contenu d’enseignement mais d’abord et avant tout un art à transmettre.

 

Marquier Rémy : Octobre 2010, Les activités des aides à domicile en 2008, Etudes et résultats, n°741, Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), 8 pages.

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Résumé de l’auteur :

L’enquête menée en 2008 auprès des aides à domicile permet d’étudier la nature de leurs activités. Une large part de leurs interventions auprès des personnes fragilisées est consacrée aux activités domestiques : 97% font le ménage ou lavent la vaisselle, 71% nettoient le linge et 73% préparent les repas… Pour 83% d’entre elles, cette aide consiste aussi à inciter les personnes fragilisées à faire elles-mêmes les activités.
L’aide dans les actes essentiels de la vie quotidienne (ADL) constitue le coeur de métier de l’intervenante à domicile et, selon leur mode d’exercice, leur intensité varie : 22% des activités y sont consacrées pour les salariées en emploi direct contre 34% pour les salariées de services prestataires, mandataires ou en emploi mixte. Le niveau de diplôme et la formation professionnelle interviennent aussi dans la répartition des activités, la part d’ADL augmentant avec le niveau de diplôme.
Sur les dernières années, les intervenantes ont constaté des changements dans leurs activités. 68% d’entre elles imputent ces changements à un état de santé dégradé des personnes chez qui elles interviennent et à un niveau de dépendance plus important. À cet égard, les changements sont perçus de façon positive, suscitant de nouveaux intérêts et une augmentation de leur activité.

Document disponible en ligne

 

Laforge Géraldine : Avril 2005, « Le statut d’emploi des intervenant(e)s à domicile dans le champ de l’aide et des services à la personne », In Revue de droit sanitaire et social, n°2, pages 290-303.

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Synthèse de l’Observatoire :

Dans ce texte qui date de début 2005, l’auteure dissèque le contexte à l’origine du Plan Borloo en montrant combien les activités d’aide et de services aux personnes, notamment dans un contexte de vieillissement de la population, suscitent l’intérêt des pouvoirs publics et apparaissent comme un formidable gisement d’emplois. Pour autant, elle indique que cet intérêt n’est pas nouveau et que s’il n’avait pas encore fait l’objet d’un plan d’une telle envergure (objectif : créer 500 000 emplois en 3 ans), il a en revanche déjà donné lieu à de nombreuses mesures, constituant un édifice juridique complexe, et incitant pour la plupart le particulier bénéficiaire de l’aide à devenir l’employeur de celui ou celle qui la fournit, ce qui a des conséquences sur la nature du droit applicable à la relation de travail. L’auteure rappelle les différents cadres juridiques dans lesquels les services aux personnes peuvent être accomplis (emploi direct, mandat, prestation de service).
Dès lors que le particulier devient employeur, quelle que soit la nature de l’intervention réalisée, l’intervenante a le statut d’employée de maison. La même intervention peut être réalisée par une auxiliaire de vie ou une aide-ménagère (employées par des structures pour intervenir chez les particuliers). C’est le type d’employeur et non la nature de l’activité réalisée qui définit le statut d’emploi de la personne et le droit applicable à la relation de travail. Le fait que l’employeur soit un particulier et le lieu de travail un domicile privé rend obsolète une très large part des dispositions du code du travail, notamment celles qui concernent les conditions et la durée du travail, les repos, les congés, les conditions d’hygiène et de sécurité au travail. En outre ces salariés travaillant seuls chez les particuliers échappent aux dispositions du code du travail ayant une dimension collective, comme la représentation et l’expression des salariés ou encore la gestion des conflits. Enfin, pour certaines dispositions, des doutes subsistent encore, laissant place à l’interprétation. Un ensemble de conséquences que l’auteure résume sous le terme d’insécurité juridique croissante pour l’ensemble des acteurs impliqués dans la relation de travail.
Par ailleurs, les structures pratiquent simultanément une activité prestataire et une activité mandataire, ce qui leur donne une souplesse considérable pour la gestion des plannings (la structure a des obligations que n’ont pas les particuliers-employeurs) ; du coup, les intervenantes peuvent, sans d’ailleurs le savoir ou le comprendre (de même que le particulier-employeur) réaliser plusieurs heures d’interventions chez une même personne dans plusieurs cadres juridiques différents, dont découlent également des tarifs différents pour une même intervention.
Ce fonctionnement contribue sans aucun doute aux difficultés dont souffre le secteur de l’aide à domicile, qui se présente comme un gisement d’emplois mais se confronte dans les faits à une pénurie de professionnels. Le Plan Borloo annonçait tout un ensemble de mesures visant à lever tous les freins en même temps, mais l’auteure constatait déjà que si les mesures fiscales incitatives relevaient d’une volonté politique concrète à court terme, les mesures sociales relatives aux droits des salariés n’apparaissaient alors que comme des pistes de travail évoquées…et mettait en garde contre la tentation de ne regarder ces activités de service que par le seul prisme du gisement d’emplois.

 

Weber Florence / Gojard Séverine / Gramain Agnès : 2003, Charges de famille. Dépendance et parenté dans la France contemporaine, Editions La Découverte, 412 pages.

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Résumé de l’éditeur :

Comment sont prises en charge les personnes qui ne peuvent pas vivre seules ? Comment les charges financières, matérielles, affectives, morales sont-elles partagées au sein des familles, entre les familles et les aides à domicile, entre familles, associations, marché et État ? Plus généralement, la famille est-elle vraiment ce monde des sentiments menacé par l’argent et l’intérêt ? Entrer dans des familles pour comprendre comment les responsabilités de chacun envers les plus fragiles y sont distribuées, déléguées, refusées, revendiquées : c’est l’expérience que propose cet ouvrage.
Pour revisiter les frontières trop évidentes entre amour et intérêt, entre lien familial et salariat, entre gratuité et rémunération des tâches, il s’efforce de combiner fermement perspectives économique, anthropologique et sociologique. A partir d’enquêtes ethnographiques, les auteurs reprennent le chantier théorique de l’analyse de la parenté, tout à la fois affaire de droit, d’obligations morales, d’affectivité, de patrimoine et d’entraide.
La famille n’est pas l’univers clos, privé, protégé que décrivent romanciers, cinéastes ou idéologues pour en pleurer la disparition ou en chanter le renouveau, mais un lieu poreux où se cristallisent les rapports de forces qui traversent nos sociétés : entre hommes et femmes, entre classes sociales, entre générations. Selon les cas étudiés, c’est un lieu où se nouent les inégalités avec l’exclusion des plus faibles, un rempart ultime où s’organise leur protection, au prix d’une extraordinaire contrainte morale.
L’expérience la mieux partagée aujourd’hui est sans doute celle d’individus tiraillés entre plusieurs fidélités morales et collectifs d’appartenance, sommés de les concilier au prix d’un dévouement sans limites ou encore de choisir qui abandonner et de quels groupes se détacher.